Bonne lecture, les critiques sont ouvertes et bienvenues
Merci
Vallantin laurent
LES VOIES MULTIPLES DE LA PEDAGOGIE
AUTEUR : Meirieu 2003
THEME : Rapport entre transmission et appropriation
INTRODUCTION : il y a aujourd'hui une redécouverte de la fonction de transmission.
Clivage entre ceux qui pensent que la transmission se décrète et ceux qui pensent qu'elle ne se décrète pas. Meirieu pense que cette transmission ne se décrète pas, elle s'élabore, elle se construit dans des relations. Ce qui induit la question suivante : « Comment et par quels moyens transmettre ? »
I Quels paradigmes pour penser la transmission ?
1) Le paradigme mimétique : important dans toute
une série d'apprentissage
2) Le paradigme humaniste : « il suffit d'élever que niveau de culture d'un individu pour le rendre apte à une activité professionnelle »
3) Le paradigme béhavioriste : identifier les tâches à accomplir et organiser un système de formation pour acquérir de manière spécialisée les compétences techniques pour les effectuer.
4) Le paradigme constructivisme : consiste à traiter la formation en terme de résolution de problèmes professionnels
5) Le paradigme anthropologique : renvoi à la question du sens, du projet de la prise sur le monde que représente une profession et qui ne s'acquiert que par l'entrée dans le registre symbolique, par l'appréhension du caractère irréductible d'un métier à l'ensemble des compétences nécessaire pour l'exercer
Précisons que chacun de ces paradigmes est à la fois d'actualité et insuffisant.
II Mise en tension des différents paradigmes
« Le mimétisme identificatoire » comme le nomme René Girard, est très largement fondateur des comportements les plus archaïques et les plus pérennes de l'espèce humaine. Certes l'évolution est la continuité nécessaire mais c'est le changement et l'adaptation.
Seul le mimétisme = immobilisme, éternelle, répétition… le contraire même du développement.
Si le mimétisme réussit alors l'apprenant = formateur → rivalité
Donc il faut qu'il soit doublé par une « appropriation » pour faire de l'individu un être unique et original, un acquis qui lui permet « d'être un vecteur de développement de l'humain »
Le paradigme humaniste, illustrer par Rousseau dans l'Emile « Que voulez-vous faire de ce jeune homme…la seule chose que je veux former chez lui, c'est sa capacité à être homme » Corrélation mais pas nécessairement une causalité entre le niveau de culture générale et « d'occuper toutes les places »
Ce paradigme humaniste reste un principe fondateur et justifie l'existence de l'école obligatoire et l'effort pour élever le niveau global de qualification.
Idée encore fortement répandue que « la culture fait l'homme »
« Pourtant le niveau de culture ne garantit pas la rigueur morale »(génocide)
Ce modèle garantit-il l'efficacité professionnelle ? Pas si sur.
Entre tâche de pure exécution et politique se développent des professions demandant des compétences techniques, apprises séparant et mises en relation.
Le paradigme béhavioriste = référentiel qui guide utilement l'action du formateur : à savoir identifier les savoirs
Les savoirs-faire requis dans chaque profession.
Mais ce paradigme constitue une réduction intolérable, car un métier n'est jamais que la somme des compétences nécessaire pour l'exercer. C'est aussi se placer dans une « posture particulière », avoir une « prise sur le monde »
Exemple u prof : passionner ses élèves.
Cette limite explique sans doute le succès du modèle suivant.
Le paradigme constructiviste apparu dans la mouvance de la psychologie piagétienne, renvoi à l'idée « de la construction des savoirs », dans une démarche de résolution de problème. Cette construction se fait selon les processus « d'assimilation et d'accommodation » (Piaget)
En opposition au béhaviorisme, ce modèle est très difficile à opérationnaliser et à évaluer donc très peut utiliser. En revanche si on poussait ce constructivisme piagétien, nous arriverions toujours sur une situation paradoxale, comme si quelque chose, un reste échappait à cette rationalisation.
On en convient donc « qu'un système formatif n'est pas réductible à sa perfection technique »
Il semble donc toute réduction technique de l'acte de transmission à un ensemble de dispositifs rate son but, s'il n y a pas présence d'une dimension nommé « anthropologique ou symbolique »
III Quels principes peut-on utiliser pour penser la transmission ?
1) Reconnaître la validité de chacun des paradigmes mais, aussi et simultanément, l'insuffisance de chacun d'entre eux.
Pour qu'un système de formation soit efficace, il faut que les cinq paradigmes soient présents articulés et finalisés pour être mis en cohérence.
Exemple du prof :
- Prisonnier de ce qu'on a vu en tant qu'élève, on peut imiter consciemment de l'acte.
- Niveau de culture de général dans différents domaines
- Identifier les différentes tâches, maîtriser ses routines
- Analyser des situations complexes pour inventer des modèles nouveaux
- Se placer dans perspective culturelle, celle de la transmission trans-générationnelle, mais aussi politique et philosophique.
« Permettre à chacun d'oser penser par soi- même » Lumières
2) Reconnaître, dans tout acte de formation, l'existence d'une dimension éthique* (morale) :
« C'est une relation où les personnes sont liées par une intrigue que le savoir ne saurait ni épuiser ni démêler ».
Enjeu de l'éthique : quand un formateur travaille, au sein de cadres contraints et sur des programmes imposés, à l'émergence de la liberté d'apprendre chez les formés.
Contradictions fondatrices qui structurent l'acte de formation :
- Entre le principe de finalisation( apprend plus qu'on motivé) et le principe de formalisation (apprend plus si choses structurées) :
Apprendre, c'est renoncer à l'efficacité immédiate, perdre du temps…donc pas très motivant. L'homme voudrait tout savoir sans jamais rien avoir appris. Donc sa motivation l'éloigne de l'apprentissage.
Cette contradiction peut être gérer par « l'expert », qui va saisir rapidement les indices pour déplacer le curseur entre : la motivation, la progressivité, acquisition, en mobilisation, production, apprentissages ou finalisation…
« L'expert est dans le détail », concrètement c'est parfois quelques minutes d'interruption, un support, une question, un exercice…Ce sont de minuscules prises de décision.
Le modèle théorique n'est rien d'autre qu'un « grossissement » de la prise de décision, une sorte de « dramatisation » théorique. La formation des formateurs consiste à faire des allers-retours entre les modèles théoriques et les micro-décisions.
Les principaux objet de cette dramatisation théorique sont par exemple :
- tension entre objectifs généraux nécessaire pour finaliser l'activité mais difficilement évaluable et compétences techniques à caractère réducteur.
- Tension entre indicateurs = hypothèses et les critères plus observables mais n'évaluent que des compétences techniques.
- Tension entre l'imitation nécessaire et le dévoiement indispensable
- Tension entre progressions personnelles autonomes et étayages didactiques organisés
Se pose donc la question essentielle de la personnalisation :
Si je veux personnaliser les parcours de formation, il faut que « je prenne les gens comme ils sont », que je m'adapte mais je ne doit les enfermer dans ce qu'ils sont
Nous sommes ici dans la recherche du « geste juste »
Prendre en compte : l'être, son avenir, l'enfermement…
Il n'existe pas de véritable « professionnalisation », donc la qualité d'un système de formation est toujours proportionnelle à sa capacité à travailler sur ces contradictions.
IV Quel modèle pour une transmission conforme à cette exigence ?
Modèle Ternaire : Articulation de ces trois verbes :
LIER : Transmission normalisation
DELIER : Transmission subversion
RELIER : Transmission universalisation
1) Lier : C'est enseigner, arracher des individus à l'ignorance,
Donc dénivellation = un formateur et des formés.
Donc conflit socio-cognitif = appropriation cognitive de ce qui vient de l'ext.
2) Délier : Pas de transmission sans réflexion critique sur la transmission elle-même.
Donc émancipation = capacité du sujet à penser par lui-même ; l'école = « lieu où la vérité d'une parole n'est pas relative au statut de celui qui l'énonce »
Donc temps métacognitif = réflexion critique sur la situation matérielle de la transmission. ( outils, nature, mode de regroupement)
3) Relier : Sans universalité = révolte individuelle, isolement…Il faut pouvoir se délier pour se relier ensuite librement aux autres.
« La transmission n'est que « reliance » entre le l'intime et l'universel » Edgard Morin.
Transmission : Rencontre entre du SAVOIR et SUJET
Rencontre entre du SAVOIR universel et SUJET singulier
« Je peux donc construire les conditions pour que cet événement (rencontre) survienne, mais je ne peux pas être garanti à l'avance qu'il va survenir et qu'il sera réussi…Ainsi l'éthique de la transmission humaine est-elle, avant tout, reconnaissance de sa fragilité »
V Conclusion :
La transmission peut et doit se faire tout au long de la vie, et doit être la mission globale d'une société, génératrice de lien social entre les générations.
VI Limites et critiques : elles sont ouvertes
Cette volonté d'une telle transmission ne relève t-elle pas de l'utopie ? On peut également voir que cette transmission a toujours était plus ou moins présente (le feu…), ou absente (guerre)
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