vendredi 14 novembre 2008

Comment fait-on des mathématiques dans une classe Freinet ?

Comment fait-on des mathématiques dans une classe Freinet ?

Dominique Lahanier-Reuter (p35 Cahiers pédagogiques n°466,oct. 2008)


Le but de ce dispositif (nommé « recherches mathématiques ») est que les élèves soient les « véritables auteurs » de leurs travaux tout en s'assurant qu'ils « font » vraiment des mathématiques.

Pendant plusieurs semaines, les enfants travaillent seuls à des recherches élaborées et menées avec l'aide du maître. Donc, contrairement à ce qui caractérise d'habitude le travail des élèves en mathématiques, personne ici ne fait la même chose en même temps.

Beaucoup d'élèves doivent (avec l'aide du maître) commencer par transformer leur question initiale pour que celle-ci s'intègre réellement dans une démarche scientifique et mérite que l'on s'y intéresse pendant plusieurs semaines.

Puis, les activités vont devoir obéir à certaines règles inhérentes à la connaissance mathématique : la régularité, les répétitions, l'extension des productions : par exemple, « tu l'as trouvé pour 3 rosaces, fais le pour 12, est-ce que tu pourrais le faire pour 120 ? ». C'est en identifiant des actions élémentaires et en explorant systématiquement leurs compositions que les élèves s'inscrivent dans une réelle démarche scientifique.

D'autres éléments sont essentiels au bon déroulement de ce dispositif :

  • contrôle du maître de l'obéissance aux règlements

  • inscription des activités dans un temps long pour permettre des retours et des extensions

  • constitution progressive de la mémoire de la classe

  • valorisation des travaux des élèves par des affichages par exemple, ceci leur confère un statut social lisible et contribue à l'inscription des parcours des élèves dans la discipline scolaire.

On peut remarquer que la plupart des élèves conçoivent leurs thèmes de recherche dans l'espace de la classe donc ils conçoivent les mathématiques comme des activités scolaires. D'autres, moins nombreux, s'emparent d'objets extrascolaires comme des outils de bricolage et portent dessus un regard mathématique. On s'aperçoit également que les enfants attribuent une valeur à leur production selon des critères variant d'un élève à l'autre : cela peut être pour la beauté, l'envie des autres élèves ou encore la nouveauté et l'intérêt des objets explorés.

Un tel dispositif a des effets « mathématiques » mais aussi sociaux, scolaires, affectifs etc. De plus, partir de questions élaborées par les élèves seuls fait surgir de l'ignorance qui est « recevable » par l'enfant et est essentielle pour les apprentissages en mathématiques.


Maryline Busi

Aucun commentaire: