La parole contre l'échec scolaire - La haute langue orale
Christian MONTELLE paru en 2005 aux éditions L'Harmattan
Auteur : Christian MONTELLE, professeur de français retraité ayant enseigné pendant 10 ans au Maroc puis en France.
Résumé : l'auteur démontre ici que l'enseignement d'une langue orale de qualité est essentiel pour l'égalisation des chances et la suppression de l'échec scolaire. Mais malheureusement, on ne l'enseigne pas suffisamment à l'école.
C'est un livre qui rejoint donc notre cours de français sur la langue orale ou le CM de français avec JP Simon.
L'idée principale de cet ouvrage peut s'exprimer ainsi :
Si vous ne reconnaissez ni ne comprenez un mot en l'entendant, vous ne le comprendrez pas en le lisant.
Cela implique qu'un élève qui ne possède pas, dans sa tête, une langue orale riche de lexique et de structures est incapable de lire autre chose que des textes très sommaires ; de plus, il ne comprend qu'une infime partie de ce que ses maîtres lui transmettent. Aussi, il sera inutile de lui apprendre à lire ou à écrire s'il ne maîtrise pas la langue parlée. Avant tout apprentissage, il est indispensable de bâtir un socle.
La langue est l'outil de la pensée. À langue pauvre, pensée pauvre.
Exemple :
- En écriture :
« La langue ne vit pas dans les livres, elle vit dans la parole. Si elle n'est pas dans notre cerveau ou dans notre cœur, nous ne pouvons pas accéder au monde de l'écrit. C'est le dialogue que nous entretenons avec les écrits qui leur donne vie et sens. »
- En grammaire :
« On ne peut pas réfléchir sur une langue que l'on ne possède pas. »
- En lecture :
« Pour chaque mot, chacun de nous possède une constellation sémantique qui définit sa culture sur tel ou tel sujet. (Exemple pour le mot « oiseau »). Plus ces constellations sémantiques sont vastes, plus la lecture du monde et des livres sera aisée, enrichissante et passionnante, plus les mots, les textes et la réalité auront de saveurs. A contrario, si les réserves de sens sont faibles, la lecture est laborieuse, ennuyeuse, voire impossible. C'est donc l'enrichissement de ses stocks qui permet la lecture et l'interprétation des textes proposés à l'école. »
Christian MONTELLE insiste sur l'importance de lire des histoires aux enfants en difficulté. Avant de vouloir les faire parler, il faut d'abord leur donner du rêve, de la poésie et de l'espoir ; nourrir leur esprit de beaux textes, de contes, de légendes, de poèmes ou de pièces de théâtre. »
A l'écoute de récits, les enfants alimentent leurs réservoirs sémantiques et aussi leurs connaissances du monde. Ils acquièrent en passant un vocabulaire et de nombreuses structures grammaticales et textuelles. D'où la nécessité de nourrir l'enfant par l'oreille dès le plus jeune âge.
Comme on l'a vu hier en CM de français, il ne faut surtout pas arrêter de lire des histoires aux enfants à partir du moment où ils savent lire. Bien au contraire…
D'autant plus qu'un bon élève de CP connaît en moyenne 2 fois plus de mots qu'un élève faible. Lorsqu'ils poursuivent leur parcours scolaire, l'écart augmente.
But de cet ouvrage : prendre conscience qu'il faille vraiment insister en classe sur un oral de qualité car c'est là que réside l'origine de beaucoup d'échecs.
Christian MONTELLE ne fait pas que dénoncer une certaine réalité, mais il donne aussi des pistes aux parents ou aux enseignants pour transmettre notre langue maternelle aux enfants, en utilisant :
- la poésie, le théâtre, les contes, les devinettes, pour leur approche linguistique mais aussi pour leur approche corporelle et gestuelle.
- en perfectionner sa voix, l'organe majeur de la communication, en faisant attention à la respiration, à l'articulation, au volume, à la vitesse et au débit ou aux sentiments pour lui donner plus d'expressivité.
« Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde »
De Ludwig Wittgenstein (philosophe autrichien)
Ce qui tend à montrer que la meilleure façon d'aider un élève en difficulté scolaire consiste à améliorer son niveau linguistique oral et par là même lui permettre de construire son identité, de développer sa culture et ses capacités de penser.
Et aussi parce que nous existons aux yeux des autres par ce que nous disons. Si l'on n'a rien à dire, si l'on n'ose rien dire, on s'intègrera difficilement à un groupe, pire encore, on n'existera pas.
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